Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 12:41

De retour de la lointaine station essence en milieu de journée, nous sommes fins prêts à explorer le vaste parc national de Karijini.

Nous nous rendons d’abord à la première série de gorges du parc, situées à quelques kilomètres de piste seulement. Nous bullons une bonne heure au cœur de l’une d’elles, Estelle et moi en profitant pour faire un plongeon dans l’eau froide qui ruisselle en cascade dans un large trou d’eau. Puis nous redémarrons l’engin en direction de la deuxième série de gorges situées en plein cœur du parc.

rt-SISTERS-P4 4480

P7140362

P7140359

rt-SISTERS-P4 4494

Très vite nous sommes de nouveau sur une large piste. La terre rouge scinde en deux l’immense bush encore vert par endroits, mais que le soleil de la « dry » a déjà commencé à jaunir. Nous roulons au travers de l’immensité sauvage tandis qu’au loin, sur la ligne d’horizon, des monts qui semblent dans les tons violets observent impassiblement la faible activité de la région.

rt-SISTERS-P4 4512

Les panneaux nous indiquent que nous avons plus de quarante kilomètres avant d’atteindre l’autre partie du parc. Notre Pitchounette est bien courageuse, mais elle a beau faire tous les efforts du monde elle n’a pas quatre roues motrices et puis elle n’est pas non plus beaucoup surélevée... Nous nous armons donc de patience et laissons défiler les kilomètres pendant pas moins de deux heures tandis que les gros 4x4 nous doublent dans des nuages de poussières.

rt-SISTERS-P4 4501

Nous arrivons en milieu d’après-midi au centre de la zone d’« éco-tourisme ».

En plein milieu du bush se dresse un petit centre d’information, un café, des barbecues, une cabine téléphonique, quelques grandes « tentes de luxe » et une vaste aire de camping très sommaire (où la végétation semble d’ailleurs avoir abandonné l’idée de se développer). Ici, l’eau qui coule des rares robinets n’est pas potable et le peu d’électricité disponible sur le site provient du dur labeur de Monsieur Soleil. Le tarif pour occuper un des emplacements du pauvre camping est relativement élevé, surtout compte tenu des faibles commodités, mais c’est de toute façon le seul endroit où nous sommes autorisés à dormir. Nous plantons donc les tentes puis nous partons à pied explorer la gorge la plus proche du site.

P7140374

Petit nid de termites !!

rt-SISTERS-P4 4517

Si on se perd, pas de souci,

ou plutot : NO WORRIES !!

Le bush aride, dont le sol rouge est couvert de boules de spinifex aussi sèches que piquantes, semble s’étaler de manière continue et monotone jusqu’à l’horizon sans aucun secret. Cependant, à quelques centaines de mètres seulement, nous sommes surpris de voir celui-ci se fragmenter littéralement en deux en une faille qui descend à pic dans l’ombre.

rt-SISTERS-P4 4524

Arrivés au bord du gouffre, l’effrayant dénivelé nous fait bien ralentir, mais nous arrivons sans beaucoup de peine au cœur de la gorge.

rt-SISTERS-P4 4683

Il y a relativement peu d’eau et celle-ci qui stagne par endroits revêt une couleur verte presque opaque qui s’assortit aux rares plantes qui ont pris racine au travers de la roche et aux feuilles des arbustes. Ce vert contraste énormément avec le blanc pur des Gumtrees ainsi qu’avec le rouge ocre des parois rocheuses ou encore avec le ciel bleu roi, qui nous semble bien loin vu d’ici tout en bas ! Un mélange de couleurs inattendu, tout droit sorti d’un rêve !

 rt-SISTERS-P4 4543

rt-SISTERS-P4 4586

Gumtree

rt-SISTERS-P4 4554

Le soleil descend vite à l’extérieur et l’ombre et la fraîcheur de la gorge rendent le lieu encore plus mystique.

Nous longeons le petit ruissellement jusqu’au gros trou d’eau. Ici les pierres de la paroi sont plus sombres, entre le noir et le gris. Une fille est en train de se baigner dans l’eau bien froide mais nous ne sommes pas aussi courageux ! Notre exploration de ce côté de la gorge prend fin.

rt-SISTERS-P4 4560

rt-SISTERS-P4 4558

Nous partons de l’autre côté en remontant le filet d’eau et accédons à un autre bassin rond dans lequel se jette la fine cascade. Ici la paroi forme un gros arc et les escaliers de pierre sur lesquels la cascade ruisselle semblent vraiment faciles à grimper. Je décide de tenter l’escaade sur quelques mètres. Je laisse les appareils photos et mon sac à Estelle et Chris qui ne veulent pas me suivre, puis je fais le tour du trou d’eau en essayant de me mouiller le moins possible, mais l’eau froide m’arrive quasiment à la taille ! Puis j’accède aux escaliers et commence la montée. Celle-ci s’avère tellement facile et sécurisée que j’ai du mal à m’arrêter. La plupart des marches font plus d’un mètre de profondeur tandis que certaines encore plus larges ont permis à des petits trous d’eau de se former, c’est trop beau !! Je suis rapidement à une vingtaine de mètres de hauteur et je n’entends même plus Estelle et Chris. En bas, je vois mes compères s’impatienter, puis le soleil va bientôt se coucher. Un peu à contre cœur, je dois  donc redescendre mais j’ai des images plein les yeux !

rt-SISTERS-P4 4574

Il y a un petit point au milieu : c'est moi !

rt-SISTERS-P4 4578

On remonte au travers des rochers rouges et instables jusqu’à la surface de la gorge où le bush aussi sec que hostile s’étale. On rentre doucement au campement tandis que les températures chutent. Le parc national de Karijini est assez haut en altitude et, s’il a fait chaud dans la journée, on sait qu’on doit s’attendre à une nuit froide. Et pour commencer celle-ci, on se prend d’ailleurs une douche froide. Les autres habitants de l’aire ont malheureusement pompé toute l’énergie de la journée du soleil ! Puis on cuisine nos habituelles pâtes et l’on se fait ce soir un dessert de rois : pommes et bananes saupoudrées de sucre sur le barbecue ! On partage notre ingénieux festin avec les gamins d’à côté qui préfèrent ces sucreries aux steaks et légumes que leur maman a eut un mal fou à leur cuisiner ! On discute avec cette famille d’Australiens habituellement trop sympas qui passent ici les vacances scolaires puis on va se blottir dans nos sacs de couchage. En mode « pingouins luttant contre le froid » on laisse ma mini tente de côté et on se serre tous les trois dans la tente de Chris !

Nuit TRES TRES froide et peu d’heures de profond sommeil, nos sacs de couchages sont décidément inadaptés. Il ne fait pas loin de zéro degrés au matin, mais on sait que d’ici quelques heures le surpuissant soleil Australien aura remonté les températures du bush d’au moins une vingtaine de degrés.

rt-SISTERS-P4 4588 

On quitte le campement pour une gorge à une vingtaine de bornes. Allez, encore une petite heure de route avec la lente Pitchounette !

Cette fois, dès les premiers pas en direction du centre de la gorge, on a de l’eau jusqu’aux genoux, puis on doit grimper la paroi rocheuse. Ce n’est pas bien dangereux, il n’y a que de l’eau en bas, mais on n’est pas bien rassurées pour les appareils photos car c’est super glissant !

rt-SISTERS-P4 4612

rt-SISTERS-P4 4627

Cependant comme on dit avec Estelle, pas moyen de faire demi-tour quand on voit qu’il y a des gamins de dix ans devant nous ! On suit les autres touristes, avançant doucement dans la gorge en suivant l’eau. La végétation se raréfie doucement puis la gorge se rétrécit jusqu’à ce qu’on soit complètement entourées de roche, celle-ci formant presque une grotte. Il fait frais et sombre ici. Le ruissellement d’eau que nous suivons se jette alors dans un énorme trou d’eau à quelques mètres plus bas, mais une sommaire barrière en métal nous permet d’accéder à la berge de celui-ci. Là, la gorge est ouverte sur le ciel à plusieurs centaines de mètres plus haut.

rt-SISTERS-P4 4637

 rt-SISTERS-P4 4663

Magique !! L’eau continue lentement sa course plus loin, mais il faut cette fois se mouiller jusqu’à la taille. Je ne suis là qu’une fois dans ma vie, tant pis pour le froid, je veux voir ça ! Je laisse mes affaires et à la frangine et notre lifteur, puis je pars faire les quelques centaines de mètres de gorge qu’il reste seule encore une fois. Je suis de nouveau dans une grotte, mais cette fois l’eau m’arrive pratiquement à la poitrine, et, franchement, elle est super froide ! Je dois ensuite littéralement grimper la paroi mouillée sur laquelle mes petits pieds nus ont bien du mal à s’accrocher, alors qu’en bas, l’eau est trop peu profonde pour amortir une chute (encore une fois, les ados que je croise à contre sens m’obligent à continuer ma route !). Puis j’accède à une autre cascade de plusieurs mètres de haut et il n’y a ici aucun aménagement permettant de continuer ma route. Un panneau indique qu’à partir de ce point seuls les individus équipés de matériel d’escalade sont autorisés à continuer. Retour au trou d’eau principal où m’attendent patiemment les deux autres, puis chemin inverse vers la sortie de la gorge sans oublier de me retrouver pour la deuxième fois de la journée les fesses dans l’eau.

rt-SISTERS-P4 4676

Estelle aussi a failli se louper !

Puis on redémarre notre pseudo 4x4 pour rejoindre celle qui sera notre dernière gorge de la journée, a quelques kilomètres seulement.

On doit encore un peu faire les acrobates pour descendre dans le cœur de la gorge mais une fois arrivés en bas, celle-ci est bien plus simple d’accès que la précédente, elle est bien plus large puis l’on n’a presque pas à se mouiller. On rejoint facilement l’embouchure fraiche et sombre d’un côté où un énorme tronc de Gumtree marque la fin de la ballade sans matériel adéquat. Puis on part explorer l’autre côté de la gorge encore plus large et facile.

P7150450

rt-SISTERS-P4 4684

 

J’en profite pour faire un petit plongeon dans l’eau presque bonne exposée au soleil. Puis, cette fois, c’est l’eau qui nous barre la route. Nous abandonnons cependant l’idée de continuer en maillot. On est crevés et nous sommes déjà en milieu d’après-midi. Or nous avons environ deux heures de piste pour rejoindre la route principale où nous pourrons enfin camper librement dans le bush.

Nous grimpons donc de nouveau la paroi rocheuse et quittons doucement le merveilleux parc national. 

rt-SISTERS-P4 4604

rt-SISTERS-P4 4690

Nous rejoignons la route principale juste avant le coucher du soleil et nous arrêtons quelques kilomètres plus loin dans le bush ici très désertique. Nous profitons d’un de nos derniers soirs tranquilles avant de retrouver la civilisation. 

P7160464

rt-SISTERS-P4 4679

Juste pour le fun : Petites fourmis multicolores

Demain nous rejoindrons la grande ville minière et à priori peu intéressante de Port Hedland où nous comptons utiliser internet et faire quelques courses. Puis ce sera sûrement encore une grosse journée de route et enfin Broome, notre destination finale tous les trois ensemble. Jusqu’à Broome peu de choses intéressantes sont censées nous arréter…

A suivre…

Par Camille
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

En images, avant le départ...

  • London 2 blaireaux!.jpg
  • Ma ratounett'.jpg
  • EnnioAndy&Moi.jpg
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés