Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 07:23

Cette première nuit enfin propres que nous passons Denham est pour nous trois d’un grand réconfort. Et lorsque le réveil sonne, à six heures trente ce matin-là, nous aurons bien du mal à sortir de nos tentes. Nous avons prévu de décoller à sept heure mais ce n’est qu’une petite demi-heure plus tard que nous démarrons la pitchounette.

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Sympa ce petit panneau à l'entrée de Denham non ?! ;-)

Je l'avais encore jamais vu celui la ! 

 

On arrive à Monkey Mia une autre trentaine de minutes plus tard, mais nous sommes chanceux puisqu’il n’est pas encore trop tard pour le rendez-vous avec les  dauphins. Les créatures savent que leur petit-dèj’ arrive bientôt et elles rôdent déjà plus ou moins loin du bord de plage. (LA FORCÉMENT, UNE GROSSE PENSÉÉ POUR HÉLÈNE !)

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Pendant ce temps, d’autres créatures moins magiques les observent en bancs depuis le rivage, toutes prêtes à chopper leurs proies du bout de leurs appareils photos et autres caméras. La foule de touristes (dont nous faisons partie) a relativement peu de charme, mais l’occasion de pouvoir observer ces mammifères marins d’aussi près et, malgré cet environnement quelque peu « artificialisé », dans leur milieu naturel, justifie l’attroupement. Sur le coup des huit heures, une équipe de Rangers arrive avec plusieurs sauts remplis de poissons. Celle qui semble être la chef de la bande, donne quelques explications concernant ses protégés à la foule, par le biais d’un microphone. On est presque à MarineLand, mais en vrai ! Quelques chanceux sont ensuite choisis à tour de rôle dans la foule pour donner leur casse-croute aux dauphins, tandis que ces derniers se dandinent dans l’eau peu profonde juste au dessous des sauts métaliques.

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Chacun pousse un peu sur la foule pour pouvoir voir d’un poil plus près les animaux, pour avoir LA photo presqu’aussi belle que sur les cartes postales (Non! Pas celle avec la famille d’inconnus qui ont mis un peu plus les pieds dans l’eau que ce que la Miss Ranger avait demandé !)

 

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On prend des photos par centaines, qu’on supprimera sitôt remontés dans la voiture puisque floues, mal-cadrées, etc… On fait comme tout le monde mais au moins on pourra dire qu’on les a vus les dauphins de Monkey Mia ! Puis après tout, ils sont beaux, et surtout bel et bien libres dans cet infini océan.

 

Enfin, le dernier poisson est distribué.

Les dauphins s’en vont dans l’obscure profondeur de leur demeure sans fin.

Puis leurs paparazzis, retrouvés abrutis sans leurs stars font de même.

 

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Les températures sont un peu plus agréables que lors de notre départ de Perth quelques jours plus tôt, mais ce ne sont pas encore les chaleurs tropicales. On sent qu’ici aussi c’est l’hiver. Les nuages et le vent sont eux aussi là pour nous le rappeler.

 

Nous rejoignons Denham, cuisinons dans un petit parc sur le bord de mer notre habituel petit déjeuné : Un peu d’eau à bouillir sur le réchaud à gaz pour le thé et quelques tartines de pain de mie sur lesquelles on étale la fin de notre syrop d’érable. Demain ce sera du miel pour changer !

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Baie de Denham

 

Ensuite, on a prévu de faire un tour aux courses de voitures qui se déroulent cette après-midi sur Denham. Ceci étant le seul souhait exprimé par notre compagnon Chris depuis le début de notre chemin ensemble, même si l’on n’est pas super-fans de ce genre d’événements avec la sœur, on a acquiescé sans une seconde d’hésitation. Sitôt arrivés sur la piste de terre, nous sommes déçus d’apprendre que l’entrée à l’événement coûte une fortune (ok, 20 dollars chacun, ce n’est pas la mort, mais ne voulant n’y rester que quelques heures ça fait un peu cher quand même !). Donc on prend trois photos à travers le grillage puis on décide de quitter les lieux.

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(petit 4x4!!)

 

On utilise quelques dernières minutes d’internet puis on reprend la route.

 

Avant de quitter définitivement la péninsule, on fait un premier crochet sur un joli point de vue à quelques kilomètres de piste de la route principale.

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Un morceaau de piste au milieu du bush

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Puis nous faisons un autre crochet aux « stromatolites » qu’Estelle souhaite aller observer. Il s’agit d’espèces de fossiles vivant, des « bactéries », agées de plusieurs millions d’années et accrochées aux rochers en bord de mer. Ce n’est pas moche mais pas non plus spectaculaire. Cependant c’est apparemment unique au monde alors bon, soit … on valide, on a vu, puis surtout, on ri !

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On reprend la route principale. Notre prochaine étape intéressante sera Coral Bay, mais c’est encore loin, alors on verra bien où l’on dormira.

 

Ce jour là ce sera du bush, du bush et du bush...

 

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Nous nous arrêtons au coucher du soleil sur une petite aire au milieu du bush. Alors que nous montons les tentes, les nuages se sont recouverts d’une couche de peinture entre le rouge et le rose fluo… Splendide !

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Ce soir, pour la première fois ensemble, nous récoltons du bois et faisons un petit feu de camp. Ça ressemble de plus en plus à l’image du road-trip telle qu’on se l’est imaginé avant de partir. En effet, les températures montent doucement au fil des centaines de kilomètres, puis nous avons maintenant un feu et même un peu d’alcool (si on peut appeler cet affreux cubi de vin blanc que nous coupons à la limonade : « alcool » !). On boit quelques verres dudit breuvage, on discute de tout et de rien et Estelle en profite pour améliorer son anglais qu’elle est obligée de pratiquer avec Chris. Puis on passe une nouvelle nuit dans nos tentes.

 

Nous repartons comme chaque jour après le petit-déjeuner.

 

Les kangourous morts se comptent par centaines sur le bord de route alors que nous n’en avons vu que quelques rares bondissants à travers le bush sur ces plusieurs milliers de kilomètres déjà parcourus.

 

Malheureusement, entre Estelle et moi, une tension d’origine inconnue grandit chaque jour (peut-être juste d’origine sanguine après tout !). Et alors que nous avons toutes deux l’impression de contrôler par nos nombreux efforts cette bombe à retardement, celle-ci explosera ce jour-là entre nous.

 

Nous arrivons dans une ambiance plus que morose à Coral Bay. On trouve un camping pas trop cher dans lequel on se pose. Je suis aussi triste que désagréable et décide de partir passer de mon côté. Je trouve avec grande surprise, et à quelques centaines de mètres seulement de la foule touristique, une magnifique plage sauvage et curieusement vide. J’y pose mon paréo sur lequel je déconnecte mon cerveau plusieurs heures sous le soleil de plomb qui s’abat sur la côte cet après-midi-là.

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Je finis par rejoindre le camping et mes deux compères. Là, je me sens posée et prête à discuter paisiblement avec Estelle des évènements de la journée. Sauf que, contrairement à mon plan, la discussion tournera vinaigre ! Je vous épargne la querelle qui, à coup de petites réflexions venant de l’une puis de l’autre, a amené en quelques heures le feu de camp en feu de forêt ; mais autant dire que cette soirée fut assez dramatique. Et le pauvre Chris subit en silence ces heures de disputes que nous avons, bien entendu, laissées se dérouler en Français.

 

Nous nous endormirons ainsi, après quelques brèves excuses faites à Chris et plusieurs heures de lourd silence.

  

Nous nous serions tous bien passé de cette horrible dispute, mais le lendemain au réveil, alors que nous échangeons nos premiers mots avec Estelle, l’atmosphère sembla changée. Cette dispute n’aura peut-être été qu’un abcès à crever, je l’espère en tout cas. Toujours est-il que ce matin fût comme un nouveau départ dans le Road-Trip.

 

Je pense que ce malheureux évènement m’a fait ouvrir les yeux sur certaines choses auxquelles je n’arrivais pas à faire face, comme tout simplement le fait que nous avons grandi. J’ai tendance à oublier que nous sommes toutes les deux maintenant de jeunes adultes. Et si j’aurai toujours l’impression d’avoir un « rôle de grande sœur », Estelle est aujourd’hui tout autant adulte que moi. Nous avons simplement chacune pris des routes différentes, choisi des vies différentes. Et nous avons aussi, comme dans le passé et probablement pour toujours à l’avenir, des caractères différents et des façons de voir différentes. Mille lieux nous séparent, du bout des cheveux au sens de la réussite personnelle. Et je pense qu'ici la vie nous a toutes les deux mises à l’épreuve sur la tolérance.

 

Bref, pas facile aujourd’hui de nous retrouver à l'autre bout du monde ensemble et, bien entendu, au jour d’aujourd’hui, rien n’est joué. Mais une première grosse épreuve a été passée et nous prévoyons désormais ce voyage au jour le jour avec plus de quiétude. Quant à moi, je sais que je ne suis pas toujours facile à vivre non-plus et je suis désormais prête à faire un maximum d’efforts pour sauver ce que je peux de ce voyage et, plus loin, de notre relation de sœurs.

 

En tant que nouveau départ, nous irons ce matin-là faire de la plongée en masque et tubas dans la barrière de corail que nous offre cette magnifique baie. La location de matos est bon marché et Estelle loue même une combinaison tandis que Chris et moi faisons les durs pour sauver quelques billets. On part en expédition et il nous faudra palmer bien loin du rivage pour entrer dans le monde de Némo. Les coraux grisâtres du bord de la baie se colorent doucement plus nous nous éloignons. Puis, à environ trois cents mètres du rivage, nous nous retrouvons au beau milieu de ce splendide arc-en-ciel de vie marine. Des formes et couleurs diverses et variées nous entourent. On passe du vert, au bleu ou encore ici au rose ou au violet... Chaque poisson et chaque "plante" (le corail est-il une plante??) se différencie des autres par sa forme, sa taille ou sa couleur. Du bout de nos tubas nous avons soudain l’impression d’être nous aussi dotées de branchies. Cet environnement est tout simplement magique ! Mais bien vite, l’eau salée qui nous arrive à la bouche nous rappelle que seule la surface de ce monde merveilleux nous est accessible ! J’ai fait la forte à nager sans combi, mais, au bout d’un bon moment sous l’eau, le froid qui saisit mon petit corps me force à rejoindre le bord. Nous tentons de nous réchauffer sur la plage, mais les quelques nuages qui se promènent au dessus de nos têtes empêchent les températures de monter bien haut.

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Nous quitterons Coral Bay après déjeuner. Notre prochaine étape sera le parc national de Karijini qui est (on s’en serait douté) à plusieurs centaines de kilomètres en nous enfonçons cette fois vers l’Est dans les terres. Nous savons que plusieurs jours de bush nous attendent. Nous faisons donc quelques courses et surtout prenons une dernière douche avant de nous retrouver à nouveau sur la route.

 

Nous roulons littéralement toute la journée à travers l’immensité vide.

 

 

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Pose "pipi", les vaches traversent... Normal quoi !

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Nous atteignons Tom Price, petite ville située avant le parc national dans l’après-midi. On fait le plein de courses pour quelques jours puis on se lance vers Karijini. Nous n’arriverons à l’aire camping la plus proche de l’entrée du parc (et par ailleurs complète) que plusieurs heures plus tard. Le souci c’est que nous ne voyions le parc ni si loin, ni si grand et que nous sommes à court de pétrole. Nous posons la tente sur l’aire de camping aménagée pour le surplus de touristes tout en sachant que nous devrons faire un aller-retour le lendemain matin à la prochaine station essence à soixante-dix kilomètres plus loin si nous voulons pouvoir explorer le parc… Autrement dit : « comment perdre une journée en Australie par manque d’organisation ?! »… Les loosers !!

 

En guise de consolation, nous décidons de nous réunir sous la grande tente de Chris ce soir-là pour y faire des jeux d’alcool. Nous sommes plus nul les uns que les autres pour nous rappeler des règles d’un seul de ces fameux jeux, et après quelques parties d’un jeu apparemment Coréen et surtout assez débile appelé TingTingTang (Merci Chris !), nous finirons par jouer à une version originale de la bataille Corse… Les nouvelles règles dudit jeu ayant été approuvées par chacun de nous (pour être ensuite modifiées au fil des heures) cette bataille Corse un peu spéciale nous donnera à chacun des crampes d’estomac à force de rire ! Est-ce dû à la qualité de ce cubi encore moins cher que j’ai dégoté à Tom Price, ou bien à la quantité que nous avons ingurgitée ce soir-là ? Toujours est-il que c’est bel et bien ivre que je me suis enfin endormi dans ma tente !

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Réveil, petit dèj, puis la Pitchounette part « tranquillou » vers la Road House. On devrait être de retour dans le parc vers midi avec notre petit véhicule le ventre plein et on pourra enfin commencer à explorer le dit bijou de la région du Pilbara.

Par Camille
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