Partager l'article ! Sur le chemin du retour: Je n’ai pas publié une ligne depuis des mois. Je rentre à la maison dans exactement deux semaines et ...


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Je n’ai pas publié une ligne depuis des mois. Je rentre à la maison dans exactement deux semaines et j’ai une terrible envie d’écrire aujourd’hui. Alors j’ai décider de me remettre à la plume (ou au clavier !) et de publier un nouvel article sur ce blog (indignement abandonné) avant mon retour.
Nous sommes aujourd’hui mercredi. Je suis depuis lundi après-midi à Katherine, une petite ville de dix mille habitants au milieu de l’out-back au nord de l’Australie. Je suis venu passer ici ma dernière semaine en Australie avant longtemps (peut-être à tout jamais) afin de rendre visite à Jodie, ma pote avec qui je bossais à Derby et qui vit maintenant dans cet autre coin perdu au beau milieu du monde.
Katherine est un bled similaire à Derby, avec un peu plus de charme, mais peu. C’est une ville étalée sur des kilomètres où toutes les maisons sont en tole et où, après les dernières rincées qu’apporte la saison des pluies, il fait une chaleur de fou pendant six mois de l’année. Les dernières gouttes sont tombées il y a trois semaines ; la végétation est encore engorgée d’eau et verte pour quelques semaines de plus, mais il fait une chaleur torride et le ciel est bleu chaque jour. Puis Katherine fait partie de ces quelques villes d’Australie où la majorité de la population est aborigène. Voilà, cela est fait pour la description du lieu duquel j’écris ces lignes.
Avant d’arriver ici, j’ai passé pratiquement trois mois à Melbourne, cette ville que j’aime tant. Pour la première fois de ma vie, je devais pas mal d’argent aux parents et j’ai donc travaillé en quantité pour pouvoir les rembourser dès mon retour, tout en profitant de Melbourne. Puis je voulais économiser quelques extras pour me faire un peu plus de vacances au bout du monde avant de rentrer. J’ai eu la chance de pouvoir loger chez Jessie, ma pote Australienne de l’an dernier, qui m’a loué pour peu cher la chambre qui était libre dans son appart, celui situé ans un quartier sympa à deux pas du centre ville et qu’elle partage avec son frère Aidan. Puis je n’ai pas eu vraiment à chercher du boulot, quelques jours seulement après mon retour j’étais redevenue serveuse dans le resto où je bossais l’an dernier sur proposition de mon ancien manager… Vraiment chanceuse !
Je me suis donc acheté un vélo, un ipod et des fringues noires pour bosser, puis j’ai passé plus de deux mois à faire une demi-heure de vélo deux fois par jour avec ma musique dans les oreilles, pour faire un boulot qui me plait, pendant plus de quarante heures par semaine. Durant cette période sur Melbourne, j’ai économisé plus que nécessaire, j’ai perdu le surpoids que j’avais emmagasiné ces deux dernières années (trop bien le vélo !!) et une fois de plus (contrairement à ce que j’avais prévu), j’ai fait la fête continuellement ! En deux mots j’ai profité à trois cent cinquante pour cent de cette période.
Jessie et Aidan ont été les meilleurs colocataires que je pouvais espérer avoir. On s’est vu relativement peu durant mon séjour chez eux, ayant tous des horaires, lieux de travails et potes différents, mais on a passé de superbes moments ensemble à chaque fois qu’on a pu. Puis les Hills sont une grande famille de cinq frères et sœur, et leur sens du partage et de la vie en communauté sont tellement naturels, qu’il était juste génial de vivre avec eux. Chez eux, je me suis sentie chez moi dès la première semaine. L’appart était toujours en bordel et le ménage rarement fait, mais la vie y était douce et simple… Et en bonus, de la fenêtre de la cuisine, on pouvait voir les tours du centre des affaires… Que demander de plus ? Moi j’aurais pu y vivre des années !
Et pourtant dimanche dernier, Jessie m’a accompagné à l’aéroport et j’ai quitté cette vie que j’aimais tant. J’étais triste comme les pierres et pourtant je n’ai même pas versé une larme. Il faut dire que ma tristesse égalait ma joie de voir Jodie, puis celle de revoir tout le monde en France bientôt. C’est étrange comme tous ces sentiments à l’intérieur de moi sont puissants, se confrontent et se contredisent… On me demande « est-tu triste ou heureuse de partir ? » et je réponds « autant l’un que l’autre ». Je me sens aussi triste qu’heureuse, aussi satisfaite qu’incomplète, aussi impatiente que dépassée, aussi confiante que perdue… Mon cœur, mon esprit et mon âme sont troublés, incertains, flous. On m’a demandé hier « que n’as-tu pas fait en Australie que tu souhaiterais faire ? ». La question m’a surprise et après réflexion j’ai répondu, « Rien. J’ai fait tous ce que je souhaitais faire, je suis plus que contente et satisfaite, j’ai juste adoré ça et je n’ai pas envie d’arrêter ! ». Je suis pourtant très heureuse de rentrer, j’ai hâte de retrouver mon pays et tous ceux que j’aime et qui me manquent tant. Puis j’ai assez voyagé, je n’ai plus envie de découvrir de nouveau horizons pour l’instant, et je veux me poser, retrouver une vie rythmée et digérer les tonnes d’images et de souvenirs qui se bousculent dans ma tête. Mais je laisse une fois de plus derrière moi des individus, des lieux et une vie que j’aime. Ma joie de rentrer contraste le poids de mon cœur, et j’espère honnêtement que des larmes couleront bientôt de mes yeux pour alléger celui-ci.
Puis comme je répète continuellement depuis quelques jours… Je n’arrive pas à croire que je sois sur le chemin du retour ! C’est tellement étrange, je suis tellement loin de là où j’étais quand j’ai quitté le territoire français la première fois il y a … hum … plus de vingt mois. Je me suis tellement construite et j’ai vu et vécu tellement de choses. J’ai réalisé un rêve de gosse, j’ai l’impression d’avoir vécu dans un rêve depuis tout ce temps et de rentrer à la réalité. Je me demande comment vais-je vivre cela ? Je ne suis absolument pas effrayée pourtant, je me demande juste, comment ça va être ? Je me sens tellement libre et en complet contrôle de ma vie aujourd’hui. Et après tout, cette vie que j’ai eu ces deux dernières années était bien réelle, cela m’a juste prouvé que quand on veut on peut, que contrairement à ce qu’on m’a souvent dit, on peut faire tout ce qu’on veut dans la vie. Il suffit de se lancer. Peut-être que j’ai eu de la chance et que le reste de ma vie ne sera pas toujours ainsi, mais j’ai envie de croire en ma chance et en mon karma. Je veux continuer à essayer de faire ce qui est juste, à essayer d’être quelqu’un de bien et qui sait la vie continuera peut-être à me le rendre. Puis surtout, si ces deux ans de voyage m’ont apprit de nombreuses choses, il y a une chose principale que j’ai appris, c’est que comme dirait Ennio : ce monde peut être l’enfer comme le paradis, cela dépend juste de comment on le regarde, où comme le dit si bien Kény Arkana dans une de ses chansons « la beauté du monde dépend de ton regard ». Et c’est tellement vrai !
Bon et si j’arrêtais de barratiner sur mes sentiments et si je vous racontais un peu ce que j’ai fait pendant mes cinq mois en Asie qui ont précédé mon retour sur Melbourne ?...
Mais ça va faire trop long si j’enchaîne avec l’Asie, alors je vais essayer de résumer mes cinq mois en Asie dans un prochain article… A suivre !
(PS : je publierai quelques photos des que possible)
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